Respect

DSC02257Tout n’est pas plaisant dans l’Épine noire. Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2018

Le respect de l’élève est de lui transmettre la difficulté de l’étude.

Le respect du maître est de préserver la difficulté de l’étude.

Le respect de soi est de dire cette difficulté au-delà de toute volonté de plaire, de séduire, de devenir populaire. Il est d’en témoigner.

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Seiho

DSC02308En toutes choses, interroger le lien ; en chaque chose, percevoir le cœur. Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2018

Itto seiho, techniques au grand sabre.

Kodachi seiho, techniques au petit sabre.

Nito seiho, techniques aux deux sabres.

Bo seiho, techniques au bâton.

On commence par les premiers puis on accède aux suivants. Les élèves superficiels courent pour engranger le plus de techniques possibles. Les élèves plus profonds s’exercent aux premiers tant qu’ils n’en ont pas approché le cœur.

Qu’est-ce que le cœur des Itto seiho ? En quoi mènent-t-ils aux Kodachi seiho ? Comment les Nito seiho sont l’aboutissement des Kodachi seiho ? Que répondent les Bo seiho aux Nito seiho ? Que suggèrent les Bo seiho aux Itto seiho ?

Pour celles et ceux qui désirent accéder à la suite, je leur demanderai de répondre à ces questions.

Qu’est-ce qu’une étude du sabre ?

DSC02434Photographie Nguyen Thanh Thien © 2018

Nguyen Thanh Thien : Une chose difficile à comprendre aujourd’hui est qu’on ait besoin d’une pratique d’une vie pour étudier une koryu. Aujourd’hui, tout le monde veut aller vite. Qu’est-ce qui peut être construit rapidement ? Et à l’opposé, qu’est-ce qui peut être construit avec lenteur ?

Iwami soke : Musashi employait le terme de Tanren. « Tan » signifie entraînement pendant mille jours. « Ren » signifie entraînement pendant dix mille jours.
Mille jours équivalent à trois ans.
Dix mille jours équivalent à dix ans.
Cette notion implique que nous ayons à nous exercer pendant toute notre vie.

Tenir l’instant propice

DSC02503Photographie Nguyen Thanh Thien © 2018

Nguyen Thanh Thiên : Quelle est la stratégie enseignée dans votre école ?
Maître Iwami : Dans notre école, nous avons le Hyoho de Kizen (Kizen no Hyoho). Nous n’attaquons jamais en premier. Il faut bien connaître et saisir l’instant où l’adversaire commence l’offensive. Ayant perçu cette occasion, nous l’employons pour frapper. Si l’adversaire attend, nous devons donner l’impression de ne pas être prêt ou d’être faible afin de l’engager à prendre l’initiative. Au moment où l’adversaire est poussé à l’attaque, nous tenons l’instant propice et ripostons. Ça s’appelle Kizen no Hyoho ou Sensen no Sen qui n’est pas qu’une question de stratégie, mais bien une façon de vivre, de se comporter, d’agir selon la situation, avec ou sans sabre. Quand vous saisissez complètement ce que votre maître vous a enseigné, vous pénétrez le vrai cœur, le kokoro, de l’être humain.

Développer la Voie du sabre

Niten Japon 04 2006_79Iwami soke et Nguyen senseï devant le dHombu dojo.

Je suis allé à l’étranger visiter les maîtres de l’école de Musashi. Ils m’ont observé pendant 5 jours, du matin au soir. Au terme de ma visite, Imaï soke m’a dit : « Viens au Japon, je t’enseignerai. »

Plus tard au Japon, Iwami soke me donnait cours du matin au soir. Il me dit : « Fais un stage pour moi en France. » J’en ai fait 4 pour mon maître.

Au 3e stage, englobant d’un geste Paris et au-delà, par dessus les toits, il me dit : « Je vois pour toi un grand succès. » Au 4e, dans les montagnes des Pyrénées, il me dit : « C’est comme chez moi. »

Depuis, les élèves viennent régulièrement me voir pour étudier la Voie du sabre selon Musashi. Un noyau s’est constitué et nous œuvrons au développement de l’école en France. Pour mieux répondre à l’attente de mes maîtres et aux besoins de mes élèves, je mets en place une nouvelle organisation de l’enseignement, une structuration plus affinée impliquant Groupes informels, Groupes de Pratique et Groupes d’Étude. Visitez notre page dédiée.

Écouter avec une attention première

Quand le maître raconte une histoire, cette histoire dit quelque chose du moment,  de la difficulté de l’élève à ce moment, … et donc j’étais attentif à ce qui faisait que l’histoire à ce moment du cours était nécessaire. Tout d’un coup, le maître ne racontait pas l’histoire pour la 10e fois mais pour la première fois.

extrait de la conférence

Du salut

Le salut tranche dans le temps, dans notre attention à ce qui passe, créant l’avant et l’après, déterminant le préalable et le consécutif. Il ouvre une séquence où l’on vit l’exigence, préparant à ce qui suit le conflit.

Je suis Shinmen Musashi…

J’étudie l’enseignement d’Iwami soke (11e Grand-Maître) mon maître, comme lui-même étudiait la leçon du sien. Dans cette vidéo, vous pouvez nous voir face à face. Il y a aussi Kajiya soke (12e Grand-Maître). Cependant, je n’ai eu qu’un seul maître même si je dois dire qu’Imaï soke (10e Grand-Maître) m’a donné quelques leçons. Il était important pour lui que je puisse dire que j’ai été son élève aussi. Il m’avait invité au Japon après m’avoir examiné lors d’une rencontre à l’étranger.

Mon enseignement aujourd’hui est fondé sur les nombreux cours que j’ai reçus d’Imaï soke et d’Iwami soke. Comme le disait Maître Suzuki, le Maître de Thé de mon amie Madame Obha : « J’enseigne ce qui n’est pas confié aux livres. »