Ligne H : pas de trafic 30/09 et 1/10

Durant le week-end du 30 septembre et 1er octobre, la ligne H sera fermée entre Paris Nord et Sarcelles/Saint-Brice en raison de travaux d’accessibilité en gare d’Épinay-Villetaneuse. Un bus de substitution assurera le trajet entre la Gare du Nord et notre ville (qui engendrera un rallongement de parcours de 25 minutes). Pour rejoindre Paris, les usagers peuvent aussi prendre un autre bus de substitution en direction de la gare de Garges Sarcelles pour prendre le RER D.

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L’actecept

Les arts martiaux sont les représentants d’une ancienne forme de connaissance et d’accès au monde, d’un temps où seul le corps était accessible comme instrument et lieu de savoir. Le geste martial ouvre à une intelligence singulière dont témoigne aussi la spiritualité extrême-orientale.

Le tranchant de l’esprit, 3e partie

Cycle de conférences « Art du sabre, paix intérieure, paix civile »

Much Ado About Nothing

branchelierreLa manière de se tenir seul ou Dokkodo.
Photographie de Nguyen Thanh Thien ©2017

D’abord vous devez apprendre le kokoro, le cœur. Si vous ne comprenez pas le kokoro, alors ne prenez pas votre sabre. Autrefois, l’élève apprenait d’abord dans le dojo les techniques avec un seul sabre, Ito. Aujourd’hui au dojo, des techniques de Ito, nous étudions 7 techniques, pas une de plus. Les techniques avec deux sabres, Nito, étaient okuden, secrètes ; le Maître ne les enseignait pas dans le dojo mais en privé. Depuis peu, les techniques Nito sont dévoilées dans le dojo et sont exhibées en démonstration publique. Il y a quelques années, j’ai fait la rencontre de Philippe (Nguyen Thanh Thien). Je lui ai donné et lui donne le keiko, entraînement, au Japon. Grâce aux nombreux keiko qu’il a reçus, nous avons pu cette année organiser un stage ici en France.

Iwami Toshio soke, 2005

C’est parce que j’ai fait keiko avec Iwami soke que j’ai pu connaître son exemple. Par son exemple, j’ai lu dans son corps et son esprit la lettre de Musashi, la forme que prenait son esprit à l’encre de sa sueur, de sa salive, de son sang. Par la forme de son esprit inscrit dans l’espace du keiko, j’ai reçu l’empreinte de son cœur. Par la connaissance de ce cœur, je sais quand je dois prendre le sabre et quand je dois m’abstenir. Par mon silence et mon absence, je dis ce que je réprouve. Par ma présence et mon soutien, je dis mon adhésion. Je ne trouve donc pas de place pour l’agitation et la dispute et je peux faire keiko à l’exemple de mon maître.

Depuis tant d’années, je suis sa leçon.

Pour le Monde entier

Oympus-XA009.2x3.02Photographie de Nguyen Thanh Thien © 2017

Étudier le sabre de Musashi nous incite à un changement de perspective. Ce point de vue singulier nous invite à voir avec des yeux de samouraï, avec des yeux bridés, avec une vue qui vient de nos antipodes. Il est un voyage vers un regard venant d’un lointain ailleurs, d’un temps révolu.

Cette étude exige de nous un décentrement. Cependant, les maîtres japonais nous l’ont offert sans rien retenir en énonçant : « Le sabre de Musashi est pour le Monde entier. » Si nous entendons ces paroles, entendons-nous l’obligation qui nous est faite de l’accueil de l’étranger ? Cultivons-nous le respect qui lui est dû et quand bien même cet art du sabre nous devenait un jour familier, il faudrait que nous sachions lui conserver un parfum d’étrangeté qui résistât à une étude inlassable, nous murmurant : « Attends demain et tu en sauras plus. » Par attendre, nous devons comprendre : travailler toujours sans penser avoir épuisé le sujet.

Le regard des maîtres nous indique un devenir, celui qui transforme l’élève en maître, celui qui bouscule nos certitudes pour en faire des doutes et les doutes des études renouvelées. J’écoute et on m’explique des positions tranchées. Toutefois, je me réserve la possibilité d’interroger encore et encore. Si je tranche, c’est avec une infinie précaution, avec le sentiment de devoir imiter mes maîtres et d’agir pour le Monde entier, avec cœur.

 

Est possible ce que je n’ai pas encore prouvé impossible

DSC_5951Photographie de Suzuki Nagisa © 2017

J’entends : « C’est improbable ! » contré immédiatement par « Oui mais c’est possible ! »

Voyons ce que nous enseigne Miyamoto Musashi sur ces choix.

Improbable

Ces personnes ne connaissent pas l’histoire. Ces gens n’écoutent pas l’expérience. Si je devais ne me diriger que par cette boussole, je ne serai pas devenu l’élève de mes maîtres, je n’aurai pas reçu l’enseignement du 10e et du 11 soke de la Hyoho Niten Ichi Ryu. Musashi n’aurait pas vaincu seul le clan Yoshioka et défait sans aide et en un combat 60 membres de cette école de sabre qui l’attendaient en embuscade. A la Bataille de Gaugamèles, Alexandre le Grand opposa 40 000 soldats à 300 000 guerriers perses et l’emporta. La flotte coréenne à la Bataille de Myong-Yang avança 13 navires face à 333 bateaux japonais et vainquit son adversaire. Les arts martiaux ne tiennent pas compte de l’improbable. Nous ne rejetons jamais la plus faible probabilité sous peine de subir une cuisante défaite.

Possible

Le possible est le champ de notre étude. L’impossible est ce que nous éprouvons par notre art. Quand on me dit « C’est impossible », je me dois de le vérifier concrètement. Accepter qu’une chose soit impossible sans immédiatement le vérifier par l’expérience démontrerait un esprit servile, une attitude de laquais, une joie maculée à se coucher plus bas. Est possible ce que je n’ai pas encore prouvé impossible. Ceci est mon esprit combattant.

Dimanche

En homme de sabre, je ne tiens pas compte de l’ordre de l’improbable. Je considère le possible et je choisis la paix, la concorde, le progrès de l’homme. Ce que je ne veux pas dans le dojo, je ne le souhaite pas en dehors. Je rejette le fascisme.

Nouveau : stages trimestriels 2017/2018

Pour l’apprentissage des arts martiaux, la régularité est une obligation pour son propre progrès et un devoir vis-à-vis du professeur.

2016_2006 finiStage au dojo de Saint-Brice. Photographie de Didier LIDOUREN © 2016

Les pratiquants sans dojo à proximité peuvent suivre uniquement les stages trimestriels au dojo de Saint-Brice (95). Pour les débutants 2017 qui viennent de loin, un stage d’essai de 4 heures est possible au coût de 20€.

Stages trimestriels
Dimanche 19 novembre 2017 15h30-19h30
Dimanche 11 février 2018 15h30-19h30
Dimanche 23 mai 2018 15h30-19h30
Tarif
1 stage 20€
étudiant et chômeur 10€
Condition d’inscription 1 mois à l’avance

 

Il n’y a pas d’avant

Dans l’étude des arts martiaux, il existe une voie secondaire qui serpente entre les tentations extraordinaires de pouvoirs spéciaux.

Le combattant est confronté à des murs qui lui voilent l’issue du combat, par manque de visibilité, par absence de perspicacité, par défaut de suprématie dans le rapport de force. Il est à un moment tenté de rechercher des pouvoirs spéciaux, qui seraient une prescience, une réserve de force cachée ou une formule qui dissoudrait l’adversaire au moment décisif.

Les Védas nous ont prévenu de l’inutilité de ces pouvoirs quasi magiques. Le Bouddha a mis en garde ses disciples contre une course à l’échalote où le gagnant serait capable de lire dans la pensée de l’autre, de cacher ses mouvements, de se séparer de son ombre.

Je pense profondément qu’une telle quête est une perte de temps. Ce serait une fuite  de courir après un avantage quant il faut au contraire s’avancer vers l’adversaire, simplement soi, soi face à l’autre. Les pouvoirs qu’offrent la concentration, l’ascèse, les formules de rituels ésotériques, sont autant de préambules, de préalables, de  mises à distance de la confrontation. Ils révèlent une impréparation au face à face, une reculade supplémentaire.

De mon maître, je revois sa posture, sans artifice. Il m’avait enjoint de ne pas me cacher derrière le sabre. C’est ainsi que je comprends le recours de Musashi à une pièce de bois, une rame taillée faisant office de sabre. C’est ainsi que je vois Tora Buri, Aïsen, Gedan Nito seiho.