Pour le Monde entier

Oympus-XA009.2x3.02Photographie de Nguyen Thanh Thien © 2017

Étudier le sabre de Musashi nous incite à un changement de perspective. Ce point de vue singulier nous invite à voir avec des yeux de samouraï, avec des yeux bridés, avec une vue qui vient de nos antipodes. Il est un voyage vers un regard venant d’un lointain ailleurs, d’un temps révolu.

Cette étude exige de nous un décentrement. Cependant, les maîtres japonais nous l’ont offert sans rien retenir en énonçant : « Le sabre de Musashi est pour le Monde entier. » Si nous entendons ces paroles, entendons-nous l’obligation qui nous est faite de l’accueil de l’étranger ? Cultivons-nous le respect qui lui est dû et quand bien même cet art du sabre nous devenait un jour familier, il faudrait que nous sachions lui conserver un parfum d’étrangeté qui résistât à une étude inlassable, nous murmurant : « Attends demain et tu en sauras plus. » Par attendre, nous devons comprendre : travailler toujours sans penser avoir épuisé le sujet.

Le regard des maîtres nous indique un devenir, celui qui transforme l’élève en maître, celui qui bouscule nos certitudes pour en faire des doutes et les doutes des études renouvelées. J’écoute et on m’explique des positions tranchées. Toutefois, je me réserve la possibilité d’interroger encore et encore. Si je tranche, c’est avec une infinie précaution, avec le sentiment de devoir imiter mes maîtres et d’agir pour le Monde entier, avec cœur.

 

Est possible ce que je n’ai pas encore prouvé impossible

DSC_5951Photographie de Suzuki Nagisa © 2017

J’entends : « C’est improbable ! » contré immédiatement par « Oui mais c’est possible ! »

Voyons ce que nous enseigne Miyamoto Musashi sur ces choix.

Improbable

Ces personnes ne connaissent pas l’histoire. Ces gens n’écoutent pas l’expérience. Si je devais ne me diriger que par cette boussole, je ne serai pas devenu l’élève de mes maîtres, je n’aurai pas reçu l’enseignement du 10e et du 11 soke de la Hyoho Niten Ichi Ryu. Musashi n’aurait pas vaincu seul le clan Yoshioka et défait sans aide et en un combat 60 membres de cette école de sabre qui l’attendaient en embuscade. A la Bataille de Gaugamèles, Alexandre le Grand opposa 40 000 soldats à 300 000 guerriers perses et l’emporta. La flotte coréenne à la Bataille de Myong-Yang avança 13 navires face à 333 bateaux japonais et vainquit son adversaire. Les arts martiaux ne tiennent pas compte de l’improbable. Nous ne rejetons jamais la plus faible probabilité sous peine de subir une cuisante défaite.

Possible

Le possible est le champ de notre étude. L’impossible est ce que nous éprouvons par notre art. Quand on me dit « C’est impossible », je me dois de le vérifier concrètement. Accepter qu’une chose soit impossible sans immédiatement le vérifier par l’expérience démontrerait un esprit servile, une attitude de laquais, une joie maculée à se coucher plus bas. Est possible ce que je n’ai pas encore prouvé impossible. Ceci est mon esprit combattant.

Dimanche

En homme de sabre, je ne tiens pas compte de l’ordre de l’improbable. Je considère le possible et je choisis la paix, la concorde, le progrès de l’homme. Ce que je ne veux pas dans le dojo, je ne le souhaite pas en dehors. Je rejette le fascisme.

Nouveau : stages trimestriels 2017/2018

Pour l’apprentissage des arts martiaux, la régularité est une obligation pour son propre progrès et un devoir vis-à-vis du professeur.

2016_2006 finiStage au dojo de Saint-Brice. Photographie de Didier LIDOUREN © 2016

Les pratiquants sans dojo à proximité peuvent suivre uniquement les stages trimestriels au dojo de Saint-Brice (95). Pour les débutants 2017 qui viennent de loin, un stage d’essai de 4 heures est possible au coût de 20€.

Stages trimestriels
Dimanche 19 novembre 2017 15h30-19h30
Dimanche 11 février 2018 15h30-19h30
Dimanche 23 mai 2018 15h30-19h30
Tarif
1 stage 20€
étudiant et chômeur 10€
Condition d’inscription 1 mois à l’avance

 

Il n’y a pas d’avant

Dans l’étude des arts martiaux, il existe une voie secondaire qui serpente entre les tentations extraordinaires de pouvoirs spéciaux.

Le combattant est confronté à des murs qui lui voilent l’issue du combat, par manque de visibilité, par absence de perspicacité, par défaut de suprématie dans le rapport de force. Il est à un moment tenté de rechercher des pouvoirs spéciaux, qui seraient une prescience, une réserve de force cachée ou une formule qui dissoudrait l’adversaire au moment décisif.

Les Védas nous ont prévenu de l’inutilité de ces pouvoirs quasi magiques. Le Bouddha a mis en garde ses disciples contre une course à l’échalote où le gagnant serait capable de lire dans la pensée de l’autre, de cacher ses mouvements, de se séparer de son ombre.

Je pense profondément qu’une telle quête est une perte de temps. Ce serait une fuite  de courir après un avantage quant il faut au contraire s’avancer vers l’adversaire, simplement soi, soi face à l’autre. Les pouvoirs qu’offrent la concentration, l’ascèse, les formules de rituels ésotériques, sont autant de préambules, de préalables, de  mises à distance de la confrontation. Ils révèlent une impréparation au face à face, une reculade supplémentaire.

De mon maître, je revois sa posture, sans artifice. Il m’avait enjoint de ne pas me cacher derrière le sabre. C’est ainsi que je comprends le recours de Musashi à une pièce de bois, une rame taillée faisant office de sabre. C’est ainsi que je vois Tora Buri, Aïsen, Gedan Nito seiho.

Il y a un après

Je n’ai pas revu ce film depuis longtemps aussi je ne m’exprimerai que sur cet extrait. Je reconnais malgré l’emphase due à la mise en scène les points importants de notre école, à savoir le regard, le jeu des pieds, l’attitude digne et sans apprêt. Il y a peu à exposer au public.

Il revient à l’intériorité de s’exprimer comme on exprime le jus d’un fruit par un pression accumulée à l’intérieure qui chercherait une voie vers l’extérieure. La puissance, la rapidité et l’astuce reculent devant tant d’unité, de sincérité et de maintenance, qui devient pour moi la qualité d’une présence à l’instant.

Je m’incline devant l’exemple de Musashi qui inspire de telles attitudes 400 ans après sa mort.

La Voie du Cœur

DSC_0875Photographie de Nguyen Thanh Khiêt © 2017

Préambule à la 1ère conférence, Saint-Brice 12 janvier 2017

J’ai ressenti une urgence à présenter la Voie du Sabre à l’automne 2016. L’été dernier, nous faisions un stage dans la montagne et, entre épicéa et bruyère, nous avons appris l’attentat du 14 juillet à Nice. J’ai compris à ce moment qu’il me fallait sortir du bois, et redescendre des hauteurs de l’étude pour dire la vérité des arts martiaux, celle d’un apprentissage, d’un passage par le feu de la violence incontrôlée et d’une navigation vers une terre de paix qui serait la sortie de la violence. Lire la suite

Stage kenjutsu 5 février : Haritsuke et Jodan

DSC_9686Le stage mensuel nous fait pénétrer en profondeur dans l’exploration des formes et de l’énergie. Photographie Nguyen Thanh Khiet © 2016

Errata : j’ai tellement pensé au thème de ce stage et j’ai fini par croire que nous l’avions fait en décembre ! Hier, nous avons étudié Moji Gamae Itto, Moji Gamae Kodachi et Migi Waki Gamae Nito.

Donc nous reprenons en février les thèmes initialement prévus pour janvier :

  • Haritsuke Itto seiho
  • Haritsuke Kodachi seiho
  • Jodan Nito seiho

Date : 5 février 2017
Horaire : 15h30-19h30
Lieu : COSEC 29 rue des 2 piliers
95350 Saint-Brice-sous-Forêt
Page du dojo

Bulletin d’inscription ci-dessous (obligatoire)

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Le sabre de Musashi à Saint-Brice !

DSC_9660 (5)Photographie de Nguyen Thanh Khiet © 2016

Article de Guillaume Torrent paru sur Saint-Brice Magazine Janvier 2017 Page 4 : Actualités Surtitre : Arts martiaux

Apprendre à maîtriser le cœur avant le sabre. C’est à ce vaste programme que vous convie l’école de sabre de Musashi, Hyoho Niten Ichi Ryu, au travers d’un cycle de conférences.

À écouter Philippe Nguyen, on comprend rapidement que le sabre japonais est un art de vivre, mêlant le corps et l’esprit, et avant tout un message de paix. Arrivé à Saint-Brice en 1976, il a créé l’association Hyoho Niten Ichi Ryu France en 2004 : « J’ai été l’élève d’Iwami senseï, grand maître de sabre, au Japon et j’ai organisé, avec l’appui de la municipalité, un stage regroupant 70 participants d’une dizaine de nationalités. Il s’agissait d’une première en Europe. Nous avons ensuite organisé un deuxième stage en en 2005 puis un troisième en 2011 ». Saint-Brice-sous-Forêt a été précurseur dans la propagation de l’art du plus célèbre samouraï , Miyamoto Musashi, et se place comme le berceau de cette discipline en France et en Europe ! Philippe Nguyen, qui a débuté le judo à l’âge de huit ans, a ensuite pratiqué l’aïkido avant de se tourner vers les arts anciens, comme le sabre, qui sont toutefois très ancrés dans le présent. Un art qu’il transmet aujourd’hui à ses élèves.

Maîtriser la violence pour trouver la paix

Philippe Nguyen, qui donne des cours de sabre japonais le dimanche après-midi à Saint-Brice, se lance dans une nouvelle aventure à laquelle vous êtes conviés. Il présentera une série de conférences sur le sabre et la paix intérieure et civile, dès le jeudi 12 janvier, à 20h30, à la Maison des Associations : « Nous connaissons des temps troublés où les esprits sont en recherche de repères. Certains se tournent vers la spiritualité, d’autres vers des sports de combat violents. Nous devons nous interroger sur la place de la violence dans notre monde civil ». Comment aborder le conflit et en sortir ? C’est la problématique du sabre japonais : « L’art martial débute et finit par un salut, qui marque la sortie de la violence. Entre combat et méditation, cette discipline demande une grande maîtrise et amène à une réflexion sur notre monde ». Lors de ces conférences, Philippe Nguyen s’appuiera sur des éléments liés à l’art du sabre, son propre parcours et l’actualité.

Saint-Brice, place forte du sabre japonais

Philippe Nguyen souhaite également faire connaître le rôle majeur et précurseur de Saint-Brice-sous-Forêt : « L’enseignement du sabre de Musashi est un des trésors du Japon. L’enseigner est un honneur et une manière de répondre à la générosité de la municipalité qui a permis son implantation en France et en Europe ». La France compte de nombreux pratiquants d’arts martiaux et c’est un vrai prestige, au Japon, d’y avoir enseigné. « La pensée française, basée sur le concept thèse-antithèse-synthèse, est un formidable parallèle avec le sabre japonais où il faut entrer, se maintenir et sortir du conflit », ajoute-t-il. Dépasser la frontière entre l’esprit, le sabre, le corps et la violence, c’est aussi le message que délivre cet enseignement. « Notre attention nous sert de protection. Sans maîtrise, la puissance est inutile. Notre école est basée sur cette philosophie. Il faut avancer, faire preuve d’ardeur au combat sans agressivité », conclut Philippe Nguyen.

Guillaume Torrent

Infos pratiques

Rendez-vous, à 20h30, à la Maison des Associations, au 5 bis rue de la Forêt, pour participer aux conférences :

  • le jeudi 12 janvier
  • le jeudi 9 février
  • le jeudi 9 mars
  • le mercredi 30 mars
  • le jeudi 11 mai
  • le jeudi 8 juin

Plus d’informations sur : nitenichiryu.wordpress.com