Musashi Trek 2e jour, keiko au Lac de l’Ours

lacdeloursLac de l’Ours. Photographie de Nguyen Thanh Thien ©2002

Chaque lieu est unique. Chaque keiko l’est tout autant.

Nous pratiquons dans le dojo d’altitude avec le sentiment d’être de passage, attentifs au moment présent, donnant à l’instant sans retour possible.

Marchant, nous tombons sur une vaste pelouse bordant un lac. Nous posons nos sacs et pratiquons le temps d’une halte. Puis nous reprenons le chemin. Partis dans la nuit, nous serons au refuge avant la grande chaleur du jour.

Ensemble, nous unissons nos souffles. Chacun s’imprègne de la montagne et, à l’étape,  rend cette force dans le keiko.

Choko, ce qui est droit

PAR_8079Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2013

Aller droit, sans dévier, est une caractéristique du sabre de Musashi. Quand j’allais au Japon, mon but était de prendre la leçon de mon maître. J’allais au dojo puis revenais manger et dormir, ensuite retour au dojo. Quand j’avais fini avec le dojo, je rentrai en France vite étudier ce qui m’avait été confié. Cela aussi est choko.

Quand je vois un pratiquant mélanger recherche et tourisme, keiko et soirée arrosée, concentration et divertissement, alors je sais que ce n’est pas ma voie, ma manière, mon chemin. En cela, je ne fais jamais de concession. Bien sûr, j’aime la bonne chair et les nectars de la vigne. Cependant, il y a une préséance de l’étude sur la distraction.

Enseigner est devenu pour moi un perpétuel rappel à cette manière de Musashi qui fait dire à ceux qui ne sont pas de notre école que nous sommes excessifs.

Je me veux exigeant. Je le souhaite à mes élèves. Je les reconnais à cela.

Les miettes de lumière

DSCF9985Étudier, c’est vite cueillir les miettes de lumière avant que l’obscurité ne les mange. Photographie de Nguyen Thanh Thien © 2016

Bonjour, Sensei.

Je débute chaque matinée par la lecture d’un passage du « livre des cinq roues » : c’est ma « marche dans le désert ». Évidemment, la plupart des textes me sont incompréhensibles, bien que simples en apparence, parce que rédigés dans un style direct.
Toutefois, au risque de me fourvoyer, je souhaite vous faire part de mon impression que Me Musashi évoque l’étude (de toute voie) comme quête de l’essentiel, de l’efficacité plus que de la perfection. Au terme de « perfection », il me semble que « répétition » (l’acte répété indéfiniment) correspond d’avantage.
Un abîme de sagesse ! Mais peut être une erreur de lecture colossale de ma part. Aussi, vos lumières peuvent encore une fois m’éviter de prendre la mauvaise direction.

Merci pour tout le temps que vous consacrez à répondre à mes questions de béotien. Je vous adresse mes meilleures pensées, pour vous et votre famille, en cette période de fêtes de fin d’année. Iki oï !

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Par le corps comme terrain, comme espace, comme moyen

DSCF9753Photographie de Nguyen Thanh Thien © 2016

Bonjour, Sensei.

Je m’interroge sur une traduction en français de « sassen ». D’ailleurs, cette technique est étonnante : à la fois esquive et déroutante pour l’adversaire, car elle déstabilise son équilibre, son rythme et sa cadence, le tout dans une simplicité gestuelle redoutable (et beaucoup plus facile à dire qu’à faire … la route est longue !). Comme si on renvoyait l’énergie de l’adversaire en le « désignant » du sabre. Elle me semble également uniquement applicable au sabre : je ne me vois pas pointer du doigt mon adversaire dans un combat à main nues pour le désorienter :-)) mais il doit exister des approches similaires dans les autres disciplines, dans le même esprit et différentes en même temps. Non, décidément, je pense que « sassen » est unique et indissociable du sabre et de son esprit.

Qu’elle est donc la nature exacte de « sassen » ? Sa traduction peut-elle aider  la compréhension de cette nature …

Merci pour vos lumières.

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