Musashi Trek 2e jour, keiko au Lac de l’Ours

lacdeloursLac de l’Ours. Photographie de Nguyen Thanh Thien ©2002

Chaque lieu est unique. Chaque keiko l’est tout autant.

Nous pratiquons dans le dojo d’altitude avec le sentiment d’être de passage, attentifs au moment présent, donnant à l’instant sans retour possible.

Marchant, nous tombons sur une vaste pelouse bordant un lac. Nous posons nos sacs et pratiquons le temps d’une halte. Puis nous reprenons le chemin. Partis dans la nuit, nous serons au refuge avant la grande chaleur du jour.

Ensemble, nous unissons nos souffles. Chacun s’imprègne de la montagne et, à l’étape,  rend cette force dans le keiko.

2e jour du Musashi Trek

vallondestibereUn dojo d’extérieur comme le territoire de Vielle-Aure en regorge, Vallon d’Estibère. Photographie de Nguyen Thanh Thien ©2002

Comprendre la manière de marcher de Musashi et sa manière de regarder, saisir comment le seiho régénère, tels sont les enjeux du dojo d’extérieur. Ce dojo d’extérieur, par la prise d’altitude qu’autorise la montagne, change la hauteur que prennent nos idées et nos actes.

Le dojo est selon moi le lieu où vit l’exemple des ancêtres, la maison des maîtres, la porte vers un pays de miel et de lait. Cette terre si haute qu’elle exige de nous efforts et sueur nous fait ressentir que nous sommes invités, que nous en avons les devoirs et que nos actes doivent encore plus s’élever. Par sa rudesse extrême, cette terre modifie la portée du seiho, le chemin du sabre de Musashi.

Le dojo d’altitude hisse notre regard, plus qu’à notre habitude, et nous rend humbles, plus qu’à notre convenance.

Consultez notre page consacrée au Musashi Trek.

La leçon comme une vague silencieuse

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Le matin alors que je vais pratiquer, une demi-lune passe sur le sommet du Pic d’Aret. Ce stage d’hiver, il y avait des élèves de Tarbes et de Pau, des pratiquants de karate. Nous avons d’abord travaillé la marche spécifique à Musashi, puis la saisie du sabre et la première technique, Sassen. Seulement plus tard, nous avons abordé les 7 premiers seiho. Enfin, nous les avons exécuté par paires.

Cinq heures ont passé qui furent bien remplies. Il faut être sérieux. Mes élèves sont enthousiastes. Nous sommes patients. Nous sommes sereins quant à la venue des progrès. Le temps œuvre pour l’enseignement. La montagne, une vague de pierre qui se lève et passe la perception des hommes, nous offre son exemple. La leçon de Musashi avance avec l’avancée des élèves et gagne les terres du Sud-Ouest. La lune veille sur le dojo, même en plein jour.

Stage kenjutsu 5 mars : Tora Buri, Aïsen et Migi Waki Kamae

DSC_9686Le stage mensuel nous fait pénétrer en profondeur dans l’exploration des formes et de l’énergie. Photographie Nguyen Thanh Khiet © 2016

  • Tora Buri Itto seiho
  • Aïsen Kodachi seiho
  • Migi Waki Kamae Nito seiho

Date : 5 février 2017
Horaire : 15h30-19h30
Lieu : COSEC 29 rue des 2 piliers
95350 Saint-Brice-sous-Forêt
Page du dojo

Bulletin d’inscription ci-dessous (obligatoire)

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Vue depuis le Refuge de Viados

08.2005 059Passez la frontière et découvrez une autre montagne. Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2005

Depuis nos villes, nos rues, nos bureaux, il est difficile d’envisager la richesse qui nous entoure, qui nous habite, qui se révèle à notre regard. Voir le seiho comme une succession d’efforts, de compréhensions, depuis notre début, depuis les premiers maîtres, depuis Musashi lui-même. Il nous faut apprendre à voir et à pratiquer par strates. Il nous faut saisir la richesse d’une pratique qui dépose chaque jour une lumière nouvelle.

Le Yama Keiko est un moment où nous nous immergeons dans les forces vives de la nature. En 2017, nous fêterons le 10ème Yama keiko. Ce rendez-vous annuel dans les montagnes des Pyrénées sera complété cette année par un Musashi Trek.

Le pied et le mètre

DSCF0379Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2017

Dans les arts, il faut absolument intégrer la technique. Nous devons explorer les verticales et les horizontales, être précis dans les diagonales, respecter les alternances, écouter les rythmes. Une fois le cadre connu et examiné en profondeur, alors il est temps de s’y promener, d’en faire son domaine, selon son pas. Il y a un dialogue fructueux entre les contraintes extérieures et les capacités personnelles. Pour atteindre cette richesse d’échange, nous devons respecter chaque terme de la relation, les exigences de l’art et soi.

Quand les arts martiaux prennent la route

DSCF8214Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2016

Je suis entré en contact avec la Hyoho Niten Ichi Ryu en 1998 quand les koryus sont venus en France montrer au public français leurs anciennes et vénérables traditions. Il s’agissait d’une volonté commune des koryu de s’ouvrir aux non-Japonais. En 2000, j’ai retrouvé Imaï soke et Iwami senseï à l’Exposition Universelle de Hanovre. En 2004 à Saint-Brice sous Forêt, Iwami soke accompagné de 3 senseï, enseigna à 75 élèves européens pour la 1ère fois.

Les arts et les traditions voyagent. Les hommes voyagent, échangent et partagent. Nous devons garder les routes ouvertes et nous devons maintenir ouvertes nos portes. J’ai tenu à entrer dans la Hyoho Niten Ichi Ryu en gardant la porte ouverte derrière moi.

Bien sûr, si la Hyoho Niten Ichi Ryu est pour tout le monde, tout le monde n’est pas fait pour la Hyoho Niten Ichi Ryu. D’autres koryu peuvent être plus en correspondance, en affinité, en harmonie avec tel ou telle élève. D’autres arts aussi. Nous devons maintenir avec intransigeance les caractéristiques de notre sabre et pourtant être tolérants.

Nous avons bénéficié de l’ouverture et du maintien des routes, celles d’aujourd’hui répondant aux chemins et voies d’autrefois, à l’instar des Routes de la Soie. Près de 2 de nos dojos, passent des Chemins de Compostelle. À 15km de notre dojo Kaze no Tani Kan, par le Port de Bielsa, un col des Pyrénées, sont passés les derniers républicains fuyant la dictature de Franco. Nous construisons nos dojos sur le bord des chemins. Nous avons suivi les soke qui vinrent en Europe et qui nous invitèrent en retour dans leurs dojos privés au Japon. Quand les arts martiaux prennent la route, on les appellent budo, guerrier-voie.

Ne fermons pas les routes, les cols, les portes. N’érigeons pas les murs. Suivons l’exemple des maîtres. Partageons !