Présent

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Un enseignement se vit au présent. Il faut plonger entier dans ce présent, sans arrière-pensée, sans tracas du futur. J’entends « hier », « demain » mais peu « présent ». Je vois cette leçon passée et je prends mon bokken. Alors le présent s’intalle, plein de la leçon qui s’accomplit.

Quand les arts martiaux prennent la route

DSCF8214Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2016

Je suis entré en contact avec la Hyoho Niten Ichi Ryu en 1998 quand les koryus sont venus en France montrer au public français leurs anciennes et vénérables traditions. Il s’agissait d’une volonté commune des koryu de s’ouvrir aux non-Japonais. En 2000, j’ai retrouvé Imaï soke et Iwami senseï à l’Exposition Universelle de Hanovre. En 2004 à Saint-Brice sous Forêt, Iwami soke accompagné de 3 senseï, enseigna à 75 élèves européens pour la 1ère fois.

Les arts et les traditions voyagent. Les hommes voyagent, échangent et partagent. Nous devons garder les routes ouvertes et nous devons maintenir ouvertes nos portes. J’ai tenu à entrer dans la Hyoho Niten Ichi Ryu en gardant la porte ouverte derrière moi.

Bien sûr, si la Hyoho Niten Ichi Ryu est pour tout le monde, tout le monde n’est pas fait pour la Hyoho Niten Ichi Ryu. D’autres koryu peuvent être plus en correspondance, en affinité, en harmonie avec tel ou telle élève. D’autres arts aussi. Nous devons maintenir avec intransigeance les caractéristiques de notre sabre et pourtant être tolérants.

Nous avons bénéficié de l’ouverture et du maintien des routes, celles d’aujourd’hui répondant aux chemins et voies d’autrefois, à l’instar des Routes de la Soie. Près de 2 de nos dojos, passent des Chemins de Compostelle. À 15km de notre dojo Kaze no Tani Kan, par le Port de Bielsa, un col des Pyrénées, sont passés les derniers républicains fuyant la dictature de Franco. Nous construisons nos dojos sur le bord des chemins. Nous avons suivi les soke qui vinrent en Europe et qui nous invitèrent en retour dans leurs dojos privés au Japon. Quand les arts martiaux prennent la route, on les appellent budo, guerrier-voie.

Ne fermons pas les routes, les cols, les portes. N’érigeons pas les murs. Suivons l’exemple des maîtres. Partageons !

Les miettes de lumière

DSCF9985Étudier, c’est vite cueillir les miettes de lumière avant que l’obscurité ne les mange. Photographie de Nguyen Thanh Thien © 2016

Bonjour, Sensei.

Je débute chaque matinée par la lecture d’un passage du « livre des cinq roues » : c’est ma « marche dans le désert ». Évidemment, la plupart des textes me sont incompréhensibles, bien que simples en apparence, parce que rédigés dans un style direct.
Toutefois, au risque de me fourvoyer, je souhaite vous faire part de mon impression que Me Musashi évoque l’étude (de toute voie) comme quête de l’essentiel, de l’efficacité plus que de la perfection. Au terme de « perfection », il me semble que « répétition » (l’acte répété indéfiniment) correspond d’avantage.
Un abîme de sagesse ! Mais peut être une erreur de lecture colossale de ma part. Aussi, vos lumières peuvent encore une fois m’éviter de prendre la mauvaise direction.

Merci pour tout le temps que vous consacrez à répondre à mes questions de béotien. Je vous adresse mes meilleures pensées, pour vous et votre famille, en cette période de fêtes de fin d’année. Iki oï !

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Sei, du cœur au sabre

PAR_8081Sei, sincérité calligraphie sur le monument dédié à Musashi devant le chateau de Kokura. Photographie Nguyen Thanh Thien © 2013

Nguyen Thanh Thiên : Est-ce que l’école est ouverte à tout le monde et quelles sont les conditions d’admission ?
Iwami soke : Oui, elle est ouverte à tout le monde et nous n’avons jamais refusé personne. L’enseignement de Musashi est un enseignement pour le Monde entier. Ici en Europe, si vous voulez apprendre cet enseignement, vous avez besoin de l’autorisation de Philippe (Nguyen Thanh Thien). Contactez Philippe, s’il vous plait.
Iwami soke
Interview DRAGON Janvier/Février 2005

Commentaire

Le caractère Sei, sincérité, gravé dans la pierre, fait partie de la devise de Musashi. Elle vient d’ailleurs en première position. Il s’agit de la 1ère disposition d’esprit ou de cœur qui autorise une personne à se présenter devant un maître pour recueillir son enseignement. Sans la sincérité, tous les efforts sont condamnés, voués à l’échec, sans espoir.
Je n’avais rien demandé et j’étais très surpris quand Iwami soke me nomma Responsable pour l’Europe. Je mesurais la charge, la responsabilité et le travail qui étaient attendus de moi. Je devais démontrer par ma pratique, par mon sabre, l’excellence de son enseignement. Je fis donc du sabre et que cela. Je n’étudiais pas le Japonais car j’avais peur de disperser mon énergie. Du sabre le matin, du sabre jusqu’au soir.
Quand je compris que les Européens voyaient d’un mauvais œil une direction française, qu’ils y mettaient un frein, je demandais à Iwami soke de me relever de cette charge. Ma sincérité allait à son enseignement, à l’étude du sabre de Musashi, et je n’avais que faire des susceptibilités nationales voire nationalistes. J’ai depuis organisé d’autres stages internationaux mais, ma sincérité allant à l’étude sérieuse, je me suis tenu assez rapidement à la France et à mes élèves.
Sei a conduit Musashi lui-même à ne pas exercer de charge officielle, à ne pas accepter de se vouer à un seigneur. Musashi s’est entièrement dévolu à son art et à sa transmission. Il faut savoir écarter les obstacles, s’éloigner des fols qui perdent le chemin de l’étude et astreindre le soi à cultiver le meilleur de soi-même et des autres.
Sei est aussi un enseignement technique. Toutefois, cette leçon de sabre n’est accessible que pour celui qui le vit d’abord en son cœur.

Une qualité de regard

DSC_2452Iwami soke à Notre Dame de Paris, au lendemain du Festival de Paris-Bercy. Photographie de Nguyen Thanh Thien © 2011

Cet instant, je l’ai partagé avec mon maître. Je le dévoile aujourd’hui pour la première fois. La maîtrise du sabre, c’est aussi cela, une qualité de regard.

Festival des arts martiaux de Paris-Bercy 2011

_MG_9983-2Iwami soke et Kajiya senseï. Photographie d’Antonin Borgeaud © 2011

J’ai voulu honorer mon maître en 2011. J’ai donc contacté le magazine Karaté-Bushido pour une invitation au Festival de Paris-Bercy. Je me souviens que le Rédacteur en Chef M. Ludovic Mauchien m’a répondu « Est-ce possible ? » La suite prouva que oui !

_MG_9861-2Iwami soke. Photographie d’Antonin Borgeaud © 2011

Iwami soke présenta ce jour-là le sabre de Musashi devant 10 000 personnes.

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Musashi fut mis en avant comme il le mérite au vu de sa légende, toujours vivante auprès du public.

DSC_2707Iwami soke au lendemain du Festival de Paris-Bercy. Photographie de Nguyen Thanh Thien © 2011

Iwami soke en tira une grande satisfaction, un sentiment du devoir accompli et un souvenir inoubliable. En repartant vers l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, il tint à faire un halte à Saint-Brice, au lieu de son 1er stage international.

Stage international à Saint-Brice 2011

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Le 3e stage en France s’est tenu au Gymnase de Nézant. Iwami soke enseigne la Voie de Musashi, célèbre samouraï du 17e siècle avec toujours autant de générosité.

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Chaque instant flamboie d’énergie.

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Iwami soke prend le temps de corriger chacun.

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Les échanges sont parfois vifs.

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« Les arts martiaux commencent et finissent par le salut » est un proverbe des arts martiaux.

Stage international Saint-Brice 2005

Stage Niten - France 2005Photographie de Bruno de Hogues © 2005

Le 2e stage international eut lieu à Saint-Brice en 2005. Iwami soke retrouva ses élèves européens et transmis encore plus l’art du sabre de Musashi. Il témoigna une attention sans faille à chacun, ici avec Nguyen Thanh Thien qui enseigne encore aujourd’hui au COSEC.

Stage Niten - France 2005Photographie de Bruno de Hogues © 2005

Saint-Brice a été le berceau de notre école de sabre en Europe et donc en France. Ici, avec des élèves français et suisse.

Stage Niten - France 2005Photographie de Bruno de Hogues © 2005

Le temps du stage, le gymnase Lionel-Terray devient un dojo.

Stage Niten - France 2005Photographie de Bruno de Hogues © 2005

La cérémonie de fin de stage se termine par une démonstration et une remise de certificat de présence.

Stage international Saint-Brice 2004

Stage Niten - France 2005 PSPhotographie de P. Susbielle © 2004

Ce fut le 1er enseignement du kenjutsu de Musashi en France. Le Grand-maître Iwami Toshio a enseigné au Gymnase Lionel-Terray aux Saint-Briciens et aux 75 élèves venant de plus de 10 pays. Ici avec Christian Mourin (de dos) de la section de Bokaïdo.

Stage Niten - France 2005 PSPhotographie de P. Susbielle © 2004

Iwami Toshio soke a prodigué avec générosité tous les détails concernant son art du sabre qui remonte au 17e siècle.

Stage Niten France 2004_003Photographie de Bruno de Hogues © 2004

L’ambiance fut particulièrement studieuse durant ces 3 jours mémorables.

Stage Niten - France  2005 PSPhotographie de P. Susbielle © 2004

Le stage fut conclu par un pot de l’amitié et Monsieur le Maire Alain Lorand a remis à ses hôtes japonais des souvenirs de Saint-Brice sous Forêt.

Stage Niten - France 2005 PSPhotographie de P. Susbielle © 2004

La télévision française avait fait le déplacement. Saint-Brice et notre école de sabre passèrent à Soir 3 !

Et l’équipe de PNG aussi pour Canal Sport !

Merci à tous !