Participants du Gala des Arts martiaux 2016 1.3

DSC_7223Gala des Arts martiaux, Saint-Brice sous Forêt, Photographie Nguyen Thanh Khiet © 2016

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Mener jusqu’au bout

ALance003 Au début, le kiaï est vocalisé comme un entraînement vers un  niveau plus élevé. Gala des Arts martiaux, Saint-Brice sous Forêt, Photographie Nguyen Thanh Khiet © 2016

J’aurais une question. Dans les katas que j’ai travaillé en karaté ou en kobudo, on a les « kiai » qui sont codifiés, on doit le faire à un endroit précis du kata. Qu’en est-il au Hyoho Niten Ichi Ryu, est-ce que le kiai est libre ? Ou est-ce qu’il n’y en a uniquement au moment où on annonce le kata ?

 

L’énergie doit être exprimée constamment. Au début, elle peut être exprimée de manière audible. À un niveau plus avancé, elle n’est pas vocalisée. Cependant, elle est toujours présente. Ce qui m’a le plus surpris, est la constance de son flux. Comme la lame coupe sur toute sa longueur, même si certaines parties sont privilégiées, le souffle est maintenu sans fléchir, le regard est brûlant d’ardeur de manière constante. Il n’y a pas à s’exciter sur le moment de la coupe. La coupe a lieu dès le 1er instant, dès le salut, dès qu’il y a présence.

Je l’ai étudiée chez Imaï soke et chez Iwami soke.

Cependant, le flux est maintenu sans faiblesse. S’il s’adapte, il ne recule jamais. Il faut étudier cela dans le dojo.

Le flux est dès le début et jusqu’au bout, de bout en bout.

2016 > 2017

Voici ce que nous avons fait en 2016 :

J’oublie de regarder en arrière et de voir le chemin parcouru. C’est un tort car, par un retour sur 2016, nous percevons toute l’énergie qu’enfant, adolescent et adulte, chacun de nous a eu à cœur d’avancer.

DSCF9950Entre passé et futur, vivons ce présent qui s’offre à nous. Photographie de Nguyen Thanh Thien ©2016

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Un évènement public et pourtant privé

Cette démonstration fut un évènement public qui amena nombre d’élèves à étudier le Hyoho Niten Ichi Ryu kenjutsu. Pour Iwami soke, ce fut une fierté de présenter son école à Paris devant plus de 10 000 personnes.

Vu des coulisses, elle reste un évènement privé. Je voulais répondre au devoir qui était le mien. Iwami soke m’avait demandé de lui organiser un stage en France. Son désir plus profond était que je développe son enseignement ici et en Europe. D’ailleurs à ma surprise, il me nomma responsable Europe, fonction que j’occupais quelques années avant de me consacrer exclusivement à la France. Je contactais alors M. Mauchien de Karaté-Bushido et lui demandais s’il lui semblait concevable d’inviter le soke de la Hyoho Niten Ichi Ryu à son festival. De fil en aiguille, il y eut ce festival, quelques articles et surtout un échange entre Iwami soke et moi qui scella notre confiance mutuelle.

Il y eut une longue préparation, un suivi de tous les instants et une application rigoureuse de toutes les décisions élaborées en amont. Le résultat que vous voyez se trouve loin en aval de mes efforts d’organisateur et de ma charge de deshi.

Tout est aujourd’hui passé, sauf dans le keiko qui me les fait revivre intensément.

Présent à la présence des autres

Making of, 3e partie

Cette partie de l’embu fut la plus problématique à mettre en œuvre. Il fallait que tous agissent au même moment sans voir celui qui est tout devant et qui donne la mesure. Musashi nous dit de percevoir ce que les yeux ne peuvent voir. Ce fut tout l’enjeu.

Au début, certains essayèrent de recourir à une astuce, d’autres se plaignirent de ne pouvoir suivre sans voir, etc. Il fallut pourtant que tous acceptent la difficulté de l’exercice et que nous avancions tous ensemble. Aujourd’hui, on entend : « Il faut du vivre ensemble. » Dans la Torah, aux Proverbes, le prophète Osée met en avant la capacité de « marcher de concert ». Mon maître, Iwami soke, disait que le senseï est le miroir de l’élève.

L’exercice est extrêmement difficile. Il ne s’agit pas de s’effacer devant le groupe. Nous devons chacun être présent à la présence des autres. Nous nous en sommes approchés, le temps d’un embu.