Il n’y a pas d’avant

Dans l’étude des arts martiaux, il existe une voie secondaire qui serpente entre les tentations extraordinaires de pouvoirs spéciaux.

Le combattant est confronté à des murs qui lui voilent l’issue du combat, par manque de visibilité, par absence de perspicacité, par défaut de suprématie dans le rapport de force. Il est à un moment tenté de rechercher des pouvoirs spéciaux, qui seraient une prescience, une réserve de force cachée ou une formule qui dissoudrait l’adversaire au moment décisif.

Les Védas nous ont prévenu de l’inutilité de ces pouvoirs quasi magiques. Le Bouddha a mis en garde ses disciples contre une course à l’échalote où le gagnant serait capable de lire dans la pensée de l’autre, de cacher ses mouvements, de se séparer de son ombre.

Je pense profondément qu’une telle quête est une perte de temps. Ce serait une fuite  de courir après un avantage quant il faut au contraire s’avancer vers l’adversaire, simplement soi, soi face à l’autre. Les pouvoirs qu’offrent la concentration, l’ascèse, les formules de rituels ésotériques, sont autant de préambules, de préalables, de  mises à distance de la confrontation. Ils révèlent une impréparation au face à face, une reculade supplémentaire.

De mon maître, je revois sa posture, sans artifice. Il m’avait enjoint de ne pas me cacher derrière le sabre. C’est ainsi que je comprends le recours de Musashi à une pièce de bois, une rame taillée faisant office de sabre. C’est ainsi que je vois Tora Buri, Aïsen, Gedan Nito seiho.

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