Par le corps comme terrain, comme espace, comme moyen

DSCF9753Photographie de Nguyen Thanh Thien © 2016

Bonjour, Sensei.

Je m’interroge sur une traduction en français de « sassen ». D’ailleurs, cette technique est étonnante : à la fois esquive et déroutante pour l’adversaire, car elle déstabilise son équilibre, son rythme et sa cadence, le tout dans une simplicité gestuelle redoutable (et beaucoup plus facile à dire qu’à faire … la route est longue !). Comme si on renvoyait l’énergie de l’adversaire en le « désignant » du sabre. Elle me semble également uniquement applicable au sabre : je ne me vois pas pointer du doigt mon adversaire dans un combat à main nues pour le désorienter :-)) mais il doit exister des approches similaires dans les autres disciplines, dans le même esprit et différentes en même temps. Non, décidément, je pense que « sassen » est unique et indissociable du sabre et de son esprit.

Qu’elle est donc la nature exacte de « sassen » ? Sa traduction peut-elle aider  la compréhension de cette nature …

Merci pour vos lumières.

Ma réponse :

Je ne fais pas de traduction en français. J’étudie le sabre de Musashi en traduisant en actes, en gestes et en attitudes. Je pratique en parlant le langage du corps et c’est par lui que j’ai écouté et regardé Iwami soke.

S’il faut dire quelque choses des arts martiaux, c’est que leur étude déroute. S’il fallait suivre un chemin connu et perçu d’avance, alors ce ne serait pas une Voie, une recherche, une quête. J’aime cette devise qui recommande de  « perdre le nord pour mieux le chercher. »

On peut remplacer le kissaki, la pointe du sabre, par les mains du karate. Il faut pour cela travailler les mains et les doigts pour les renforcer et mieux les utiliser. Le sabre est une extension de la force, comme toutes les parties du corps, comme pour tout objet que l’on utiliserait dans les arts martiaux. Il vous faut plus travailler pour percevoir les correspondances.

La nature de Sassen est d’être une porte… à l’enseignement de Musashi, à sa propre leçon, à notre compréhension en actes. Un de mes maîtres disait qu’il pratiquait pour comprendre et que s’il comprenait, il n’aurait pas besoin de pratiquer. Iwami soke disait que les seiho ont pour but de rencontrer Musashi et que si on rencontre Musashi par le seiho, alors 1/2 heure par jour de keiko suffirait.

Alors la question et la réponse sont dans le keiko. Suivez l’exemple des maîtres !

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