Colère, pulsion et impulsion

Entrainement Niten France 2004_10Nguyen Thanh Thiên, Moji Gamae, Itto seiho, au COSEC de Saint-Brice, France. Photographie de Bruno de Hogues © 2004

Bonsoir Sensei,

Après une semaine professionnelle éprouvante, je m’interroge sur la position que j’ai occupé face aux autres, notamment dans mes accès de colère dans certaines occasions (de fatigue). Certes, il s’agit de joutes verbales, mais la perte de mon équilibre dans ces instants là, je les vie comme autant d’échecs, même si l’issue des échanges m’est favorable.
Je suis pris en  étau entre mon tempérament « bagarreur », cette pulsion combative qui m’anime, et l’impulsivité dans laquelle je m’empêtre régulièrement et qui, je le pense, il me faut dépasser.
« Pulsion », « impulsion » : existe-t’il un chemin, une stratégie, un angle de vue pour les réconcilier ?

Meilleurs sentiments,

Ma réponse :

Je ne sais pas. Ce que vous faites en dehors du dojo est vôtre, pleinement. Je n’en peux rien dire. Le sabre doit-il vous aider dans la vie quotidienne ? Cela se peut mais cela n’est pas le but. Le but du sabre de Musashi est d’étudier comment son sabre exprime son esprit, comment il réalise cet esprit, comment il trouve sa place dans le présent de notre effort. L’utilité du sabre n’est pas ce que je propose ni ne vends. Bien sûr, il ne faut pas développer un sabre inutile ! Mais il faut veiller à ce que votre sabre soit vivant, un sabre de vie, et non un sabre utile, un sabre d’utilité. Si vous êtes présent, vous êtes présent à vos sens, au sens de la situation. J’évite le ressenti qui est un réchauffé du vivant. Je lui préfère de sentir encore plus que le senti.

Je laisse de côté les joutes verbales. Il faut savoir perdre. Il faut savoir vivre et survivre. Si votre engagement ne met pas en jeu votre vie ou votre survie, perdre n’est pas si important. J’évite les mouvements d’humeur qui me font perdre l’énergie que je conduis vers le dojo, au cours du keiko, dans le seiho. Parfois, j’ai envie de me battre, de dire haut et fort ce que je pense, ce que je crois. Puis, j’envisage l’ascèse du sabre et me demande si tout cela est bénéfique à l’étude du sabre de Musashi. Alors je m’éloigne de la dispute et reviens au bokken.

Je me souviens d’un post (sur une autre site) qui dénonçait la faiblesse d’esprit de Musashi, son déséquilibre à toujours chercher la perfection. L’auteur pouvait espérer que j’allais réagir. Mais j’ai laissé Musashi se défendre tout seul. Il n’a pas besoin de moi. C’est moi qui ai besoin de lui, de son art, de sa science du sabre. Alors j’ai pris en main le sabre et j’ai pratiqué. Ne pas pratiquer, c’est cela la défaite.

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