Le souffle de Musashi

Chaque jour, je pratique le plus possible et parfois, je lis. J’écoute aussi. Et j’enseigne.

Ce que j’enseigne est ce que j’ai reçu dans le dojo de mon maître Iwami soke ainsi que dans celui de son maître Imaï soke.

Demain, débute le 1er stage 2016 au Unjo An, l’Ermitage au-dessus des Nuages. Il porte ce nom car souvent au petit jour, un brume couvre le fond de la vallée de la Sourdoire jusqu’à la vallée de la Dordogne, au pied du Causse du Quercy. Il est par son nom un lieu qui permet de se situer au-dessus de la mêlée des passions et, comme Musashi gravissant le mont Iwato, de nous prosterner devant ce qui nous dépasse et nous appelle, la Voie du sabre.

Chaque seiho, technique, est une ascension vers l’esprit de Musashi. Elle nous impose des difficultés, un rythme de progression, un souffle particulier. Elle se découvre par l’exemple du maître, dans le silence de l’effort, à son côté, dans son pas. Je me souviens. Apprendre, pour moi, est aujourd’hui me souvenir et d’Iwami soke et d’Imaï soke. Je me souviens donc et je réitère le geste du maître. Je revis sa présence dans mon estoc et j’expire mon haleine dans son souffle. Je me rappelle comment, dans l’instant, je collais à son rythme, à la mesure de son allonge, à l’amplitude de sa coupe. Je ne sais aller plus loin dans l’évocation de sa technique. Tout reste une question d’exemple à suivre puis à donner son tour venu à ses élèves.

Niten Japon 2003 NTTUne des premières photos. Kokura, 2003

J’étais tellement absorbé par l’exemple du maître que je ne prenais jamais de notes ou de photos. L’exemple est pour moi à saisir sur le vif.

Je lis et j’écoute certains qui s’inspirent de Musashi. J’en suis heureux car Musashi a mené loin et haut son effort et sa maîtrise. Je comprends leur intérêt. Cependant, je préviens qu’à trop tirer à soi Musashi, on risque de se perdre, ce qui n’est pas si grave, mais surtout de perdre ses élèves qui croient faire comme Musashi. « XXX (notre style des 2 sabres) provient de l’école de Musashi« , « les postures de son école ressemblent étrangement aux nôtres« , etc. sont autant de panneaux indicateurs trompeurs.

Je ne sais si Musashi faisait comme j’enseigne. Ce que je tiens pour certain est que j’enseigne comme mes maîtres m’ont enseigné tant en cours collectifs qu’en cours privés. J’enseigne ce dont je me souviens et qui me fut témoigné par les grand-maîtres de 10e et de 11e génération. Ce que je peux dire est que ce que je lis et que j’écoute ne correspondent pas à ce qui fut porté à ma connaissance par tant de générations.

Niten Japon 2003 NTTIwami soke et moi posons un peu figés, nous connaissant encore peu. Avec le temps, à mesure que son exemple me transformait, il prit confiance en moi. Kokura, 2003.

Demain, nous étudierons le souffle de Musashi comme il me fut transmis par Imaï soke et Iwami soke dans le secret du dojo.

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