Le keiko et la lecture

PAR_5283Iwami soke regardait toujours mes mains pour savoir si j’avais travaillé dur.

Yanick Porchet : Miyamoto Musashi, le fondateur de la Hyoho Niten Ichi Ryu n’était pas qu’un samouraï et un stratège de talent, il a également laissé un témoignage de sa vie sous la forme de peintures et d’écrits. Quels conseils de lecture donneriez-vous à votre élève par rapport à ces textes, et y a-t-il d’autres ouvrages spécifiques dont la connaissance serait un plus pour la pratique ?

Nguyen Thanh Thien senseï : La pratique est suffisante. Miyamoto Musashi a condensé son expertise au sabre dans les seiho de son école puis a enseigné ce qui n’est pas confié aux livres, directement à ses disciples. Le seiho est suffisant au disciple. Pour le pratiquant d’arts martiaux qui vit hors de l’Extrême-Orient, il faut connaître le substrat philosophique, culturel, social qui encadre l’enseignement traditionnel du sabre. C’est la relation maître-disciple qui enseigne autant que le seiho. C’est ce que j’appelle l’exemple du maître. Il ne se limite pas au maître tel qu’il se présente aux yeux du disciple. Il est aussi celui qui fut en son temps disciple de son propre maître. Iwami soke disait que là où allait Imaï soke, il allait lui aussi. Je me souviens de la 1ère rencontre avec Imaï soke et Iwami sensei. Nous étions ensemble plusieurs jours. Le 4e jour, il y eut relâche et chacun pouvait aller où il voulait. Je suis venu comme les jours précédents passer la journée avec Imaï soke et Iwami sensei. Ne s’attendant pas à me voir ce jour-là, Iwami senseï me dit que j’étais un bon disciple.

C’est cela le plus pour la pratique : suivre le maître pour comprendre son accès à la maîtrise.

Je vous conseille cependant l’ouvrage de Kenji Tokitsu, tant qu’il ne contredit pas mon enseignement…Le keiko prime sur les textes. Cela ne signifie en rien que les textes sont négligeables. Je rejoins le point de vue de Maître Dogen sur la place des écrits.

Lisez tout et prenez de la distance. Une lecture vaut par la qualité du lecteur. J’ai un attachement particulier pour l’Histoire de la Pensée chinoise d’Anne Cheng. Encore une fois, rien ne remplace l’exercice, le vôtre. Croire que quelque chose peut remplacer le keiko est un signe de faiblesse. Seul le keiko peut améliorer le keiko… s’il est bien dirigé et cela est de la responsabilité du senseï. Bien sûr, l’élève doit développer les qualités de concentration, d’endurance et de puissance tant physiques que mentales.

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