Le perfectionnement de la main

Les soldats sont comme les charpentiers. Le charpentier polit ses outils, il fabrique toutes sortes d’instruments qu’il range dans un coffre propre à tous les charpentiers. Il reçoit les ordres de son maître, taillade les poutres à placer verticalement ou horizontalement, façonne les alcôves et étagères, grave et sculpte, prend soigneusement toutes les mesures, prête grande attention à son travail même dans le moindre détail: c’est la règle des charpentiers. Si un charpentier apprend bien son métier, de ses bras et de ses mains, et s’il sait bien reporter les mesures, il deviendra plus tard un maître-charpentier.

Extrait du Gorin no Sho, Miyamoto Musashi

Commentaire : Dit autrement, l’homme de l’art fait le lien entre la carte et le terrain, entre le plan et l’ouvrage ; il est fil puis aiguille. Le fil est un avatar de la main qui empoigne et saisit, l’aiguille est celui de la main qui pique et qui tranche. Après avoir insisté sur le travail de l’oeil, Musashi reprend celui de la main. On ne passe à l’oeil que par l’accomplissement de la main.

Nguyen Thanh Thiên

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