Arts martiaux et spiritualités

« Au moment de monter dans la voiture, le vieux maître nous dit : « Si vous désirez poser des questions, c’est le jour car nous allons faire un long trajet. » Ces paroles étaient en opposition avec ce que j’avais vécu jusqu’alors, au cours de mon premier voyage d’étude au Japon. Nous étions invités, mon ami Ricard et moi, dans une ancienne école de sabre où l’on maintient un héritage vieux de quatre siècles, celui de Miyamoto Musashi, sabreur du 17e siècle. Nous avions abordé cet enseignement par la face abrupte, le keiko, l’exercice qui taille et polit, rabote et ponce, creuse et éclate. Le keiko est la saisie du sabre et la mise en mouvement de la leçon selon l’exigence du maître. Le maître montre une fois et, ensuite, l’élève se met au travail. Toutes les questions se posent dans le silence de l’effort continu, sur un parquet poli par les générations précédentes. Un débutant doit d’abord transformer son corps en instrument d’exploration et d’investigation ; il doit être endurant, précis et plein d’une fougue jugulée. Chaque technique recommencée dégage une nouvelle question pour laquelle la suivante doit avancer un début de réponse. Nous procédons par gestes comme la main du tailleur répond à l’insoumission de la pierre… »

Lire la suite dans la troisième partie de LE CHAMP DES ARTS MARTIAUX, LA SCÈNE DU SACRIFICE. Propos croisés sur des formes de rituels dans le monde sino-japonais et dans l’Inde. CHARLES MALAMOUD ET NGUYEN THANH THIÊN

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