Eviter-plaisirs, Dokkodo 2.4, Musashi

身にたのしみをたくま

« Éviter de rechercher les plaisirs du corps. » Dokkodo 2, Miyamoto Musashi

Je voudrais souligner le lien qui unit les deux idéogrammes « éviter » et « plaisirs » dans la pratique des arts martiaux.

Il existe un intérêt et une satisfaction à se soumettre à la discipline des arts martiaux. La première étape est de fortifier le corps et la suivante est d’apprendre les techniques. Il y a un bien-être à sentir son corps gagner en force et en aisance. Il y a une jouissance à engranger toujours plus de connaissances techniques. A pratiquer avec régularité, l’élève prend le goût du toujours plus : plus de sensations, plus de force dans les sensations, plus de techniques, plus de force dans les techniques. La richesse de la pratique enivre et excite l’appétit. Ainsi on ressent un état de manque quand le cours n’a pas lieu ou bien on recherche au bout d’un moment des activités plus extrêmes. On se jette alors dans une frénésie d’agitation, frôlant le danger de plus en plus près. Ou bien on passe à de nouveaux moyens d’exciter nos sens.

La Voie des arts martiaux offre une palette de moments forts mais prône la modération et la pondération dans notre cheminement. Il faut garder la tête froide quand même notre corps et notre esprit se soumettent aux rigueurs extrêmes de l’entraînement. L’école de Musashi contient un petit nombre de techniques : 12 au grand sabre, 7 au petit sabre et 5 aux deux sabres, soit un total de 24. Cela fait peu pour une vie d’étude. Et pourtant, 24 seiho suffisent à transmettre l’enseignement d’une vie de recherche, la leçon de Musashi transmise aux générations suivantes. Musashi a créé une quantité restreinte de techniques afin de contenir notre attention sur l’essentiel de sa maîtrise. Cette restriction du contenu est un guide vers la dimension qui vient après la technique. Il y a un fécondité à une certaine modération dans la recherche.

 » Yang Tchou dit :  » Yuan Hien vivait dans la pauvreté à Lou ; cependant Tseu-kong vivait dans la prospérité à Wei. La pauvreté portait dommage à la santé de Yuan Hien ; quant à Tseu-kong, sa richesse énervait son corps. Il s’ensuit que, si la pauvreté n’est pas désirable, la richesse, elle non plus n’est pas intéressante… Que faut-il donc désirer ? Il faut souhaiter une vie joyeuse et garantir tous les loisirs à son corps. C’est pourquoi la vie bonne et joyeuse se tiendra à l’écart de la pauvreté. Il est souhaitable aussi, pour tenir le corps aussi éloigné des excès, de n’être pas trop riche.  »

Le Vrai Classique du vide parfait, VII, V, Lie-tseu, Le milieu juste, p.359, Philosophes Taoistes, La Pléïade, Gallimard

Il faut veiller à ne pas « énerver notre corps » de trop de sensations qui nous éloigneraient de la rigueur de la Voie. L’effort est certes extrême mais la Voie est celle du milieu juste.

Lire plus : Les Commentaires au Dokkodo de Musashi

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