Le je-ne-sais-quoi du vieux maître, Dokkodo 1.5, Musashi

世々の道をそむく事なし, 獨行道, 宮本武蔵

Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps. Dokkodo 1, Musashi

Discerner les Voies particulières, générales ou sans nom, serait agir en scribe. Musashi s’adresse en homme du sabre à des hommes de sabre. Ce texte n’a pas été écrit pour le tout venant mais pour des esprits et des corps avertis. Pour ma part, je tiens à porter témoignage afin que ceux qui n’ont pas opté pour suivre un , une voie et une manière, puissent toutefois en saisir l’esprit, le parfum envoûtant qui fait d’une question une étude renouvelée. La Voie du sabre est la question du sabre, celle que nous posons et celle qu’il nous pose en retour.

En novembre 2002, j’étais invité à la maison du 10e soke, grand maître de mon école, et j’accompagnais le futur 11e soke. Après avoir pris le thé et quelques gâteaux, nous nous dirigeâmes vers le dojo.

A ma surprise, Imaï soke me demanda de faire les 7 seiho de kodachi (exercices au petit sabre) avec Iwami sensei (il devait devenir soke l’année suivante). Nous nous fîmes face et commençâmes. Je me jetais avec énergie dans le combat certes codifié mais justement, l’exécution du seiho ne peut être accomplie dans notre koryu, école ancienne, que si nous lui insufflons notre vie, notre ardeur au combat, improvisant les silences entre chaque note. Ce fut d’autant plus un combat que je n’avais travaillé ces nouveaux exercices que durant 20 minutes deux jours auparavant dans le dojo privé d’Iwami sensei.

Une fois terminé ce que je pus aligner, Imaï soke et Iwami soke se firent face pour exécuter les 12 Ito seiho (série au grand sabre). Ce fut un honneur et une chance unique. Je pouvais voir devant moi et pour moi les deux soke contemporains mener un échange de passes d’armes, confrontant deux générations.

De l’énergie déployée durant ce court moment, je garde la sensation étrange d’une immobilité au cœur même des coups et des ripostes, comme une eau sereine lovée au sein des bourrasques. J’ai perçu ce jour-là un je-ne-sais-quoi d’immuable dans la présence du vieux maître.

M’ayant mis au défi d’emprunter la Voie du débutant qui avance d’un presque-rien, Iwami sensei me fit le don de voir la Voie du Maître et Imaï soke me fit la grâce de toucher à la Voie de l’Apogée. Ce jour, dans ce dojo, coexistèrent les trois Voies. Cette présence triple de la Voie est immuable.

Le Dokkodo de Musashi

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2 réflexions sur “Le je-ne-sais-quoi du vieux maître, Dokkodo 1.5, Musashi

  1. DUREISSEIX Jean Luc

    Superbe explication du 1er Dokkodo! J’ apprécie l’ explication de la façon de travailler les Seiho qui me semble être celle en cours dans les Koryu.
    Merci.

    1. Je retrouve votre commentaire après tout ce temps ! Merci à vous de nous suivre régulièrement. J’ai un voisin au Pescher qui a suivi vos cours. Pour moi, ce commentaire est avant un souvenir. Il me faut dans l’exercice me souvenir de mes maîtres. Peut-être un jour apparaitra le souvenir de Musashi au détour d’un seiho. Bien à vous.

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