La Voie immuable, Dokkodo 1, Musashi

世々の道をそむく事なし, 獨行道, 宮本武蔵

Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps. Dokkodo 1, Musashi

Le pratiquant pénètre la Voie des arts martiaux avec l’aide d’un maître et progresse dans l’esprit de son temps.

Je me souviens de l’esprit avec lequel j’entrais dans le dojo au début des années 70. Depuis, sans avoir quitté cet espace, j’ai assisté à l’évolution des pratiques. J’ai vu la montée des consciences ou plutôt de la conscientisation, j’ai constaté l’irruption du bien-être, j’ai surpris l’arrivée de l’enseignant coach et surtout de l’élève « coachistisé. »  J’ai regardé la Voie devenir méthode, le senseï devenir enseignant, parfois animateur, plus rarement gourou.

Chaque époque énonce ses attentes et élabore ses réponses. Les villes-phares ont été successivement Katmandou, puis la conurbation de la Silicon Valley et maintenant la mégapole de Shanghai. Ces évolutions et ces glissements d’attention sont autant d’indices de notre capacité à percevoir le Monde et ses points essentiels. Notre zanshin, « esprit et corps » uni dans la perception, s’est déplacé.

Lorsque nous nous exerçons, nous devons prêter attention à la recommandation de Musashi. Elle implique que notre immersion dans l’esprit de notre temps, notre sensibilité aux modes, ne doit pas faire écran à toutes les exigences de la Voie.

Nous devons répondre aux maîtres d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Si nous pratiquons selon la pensée du jour uniquement, si nous n’entendons pas que nos successeurs nous interpellent et que nos devanciers nous interrogent, alors nous devenons à nous-même une impasse.

J’entends « une pratique impressionnante », « une technique efficace », « une puissance effrayante ». Je crains que ces appréciations relèvent d’une société du spectacle plus que d’un esprit de dojo.

L’esprit de dojo est un voleur qui nous dépouille de nos artifices et nous déposent sur la grève de l’effort, nus, muets et aveugles.

Alors commencent les premiers pas, hésitants, enthousiastes, décidés enfin. Celui qui accoste le rivage des arts martiaux doit dépasser rapidement les expédients que sont l’impressionnabilité, le souci de l’efficacité et la frayeur. Seul le face-à-face avec le maître permet de valider notre pratique et ensuite la rencontre avec tous les maîtres « à travers les temps. »

Lorsque le cours commence, mon maître dit souvent : « Le fondateur est là ». Lorsque nous saluons, au-devant de qui nous présentons-nous ? A chaque fois.

Lire plus : Le Dokkodo de Musashi

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