Toujours de l’avant, Dokkodo 1.2, Musashi

世々の道をそむく事なし, 獨行道, 宮本武蔵

Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps. Dokkodo 1, Musashi

La Voie immuable renvoie à l’expression « l’esprit immuable », fudoshin. Cette expression est développée par Takuan et étudiée par Yagyu Munenori. Nous la retrouvons ici sous le pinceau de Musashi avec un angle différent. La Voie est un parcours, un tracé, une manière. Elle est le support d’un voyage, d’un déplacement, d’un départ. Elle est tout sauf immuable. Comment donc comprendre l’immuable Voie quand Dogen écrit « les montagnes aussi s’écoulent » ?

Reprenons Yagyu Munenori quand il écrit « Maintenez l’esprit qui délie l’esprit », cet esprit accompagne le sabre et revient à son origine. Il ne se fixe pas sur le but et donc librement suit la pente des circonstances. Il ne perd pas son appui et se maintient dans le mouvement même. Ainsi il est présent au départ du geste, se déploie à son apogée et hâte son retour une fois l’extrême atteint. L’esprit est attentif à prendre appui sur les trois temps : commencement, mi-temps, reflux. L’esprit maintient sa constance dans les moments du geste. Ainsi, la Voie se développe par l’adhésion de l’attention aux évènements comme le souffle parcourt tous les anneaux du dragon et alimente incessamment le feu de son regard.

« Ne pas contrevenir » signifie que sachant voir à droite et à gauche mais maintenant le regard, pouvant discriminer mais ne discriminant pas, nous martelons le chemin de nos pas suivant une unique direction de la source à l’embouchure, de la chute aux méandres, des galets à la vase. Toujours de l’avant, nous allons, immuables non seulement dans le mouvement mais dans la manière, dans la Voie.

Happily may their roads back home be on the trail of pollen.
Happily may they all get back.
In beauty I walk.
With beauty before me, I walk.
With beauty behind me, I walk.
With beauty below me, I walk.
With beauty above me, I walk.
With beauty all around me, I walk.
It is finished in beauty,
It is finished in beauty,
It is finished in beauty,
It is finished in beauty.

‘Sa’ah naaghéi, Bik’eh hózhó
—from a Navajo Ceremony (Four Masterworks of American Indian Literature, ed. by John Bierhorst, 1974)

Lire plus : Le Dokkodo de Musashi

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