A la lumière des koryu

Les anciennes écoles japonaises, koryu, sont nées voici plusieurs centaines d’années. L’ére Meiji (1868) clôt le cycle de création de ces institutions. On les nommes vieilles alors qu’il revient à leur jeunesse même de pouvoir traverser les siècles, à l’instar de ces graines qui gardent leur pouvoir de germination plus de mille ans plus tard.

Les koryu voyagent en gardant leur jeunesse. Si elles ont vaincu l’érosion du temps, elles ont aussi passé les continents et les océans et abordent aujourd’hui les dojos de France. Certaines koryu peuvent dépérir, voire mourir. Cette fin survient non d’un défaut de conception mais d’une lassitude de la nouvelle génération qui ne daigne pas quémander le savoir et l’expérience auprès de ces anciens chenus et souriants, attentifs et pleins d’espoir de voir une jeune personne s’intéresser à leur transmission. Il suffit d’une seule personne, de notre génération, pour redonner vie à une koryu, une personne qui s’astreindrait à l’effort. Sans la génération neuve, la koryu meure dans sa verdeur. Comme dans les peintures japonaises, elle vit et meure sans ombre. Elle vit de l’effort renouvelé et meure de son absence.

Les écoles anciennes d’arts martiaux ont traversé les temps et les dynasties en préservant leur fécondité. J’ai répondu à l’espoir de mes maîtres japonais et développe leur art, patiemment. En France, des groupes d’élèves approfondissent ces enseignements, réveillant la verdeur sous l’écorce. Mes élèves et moi avons ce plaisir que d’en faire partie.

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