Jodo et kenjutsu

Après avoir commencé la pratique du jodo quelques saisons auparavant, j’ai souhaité prolonger et compléter ma recherche en me tournant vers l’étude d’une école ancienne de kenjutsu. Tout en renforçant d’un côté mon implication dans le jodo, j’ai donc débuté cette année l’étude de l’école Niten Ichi Ryu auprès de Philippe Nguyen Senseï.

Bien que très différentes, les deux disciplines sont liées historiquement. Le jodo moderne, une escrime mixte où l’on croise le sabre et le bâton, est issu de l’école Shinto Muso Ryu fondée par Muso Gonnosuke. D’après la tradition, il l’aurait constituée suite à sa défaite lors d’un duel avec Miyamoto Musashi, dans le but de répondre à la technique des deux sabres par laquelle il fut défait.

Si l’étude de Niten Ichi Ryu m’a immédiatement passionnée, elle s’est toutefois avérée déroutante au moins lors des premiers cours.

Il y a bien sûr l’inévitable remise en question individuelle et les habitudes avec lesquelles il faut rompre lorsqu’on est accueilli dans un nouveau dojo et qu’on aborde une nouvelle discipline : nouvelles règles, nouvelles formes de l’étiquette, nouvelle façon de témoigner le respect, nouveaux partenaires et nouveau professeur. Il faut accepter de redevenir un débutant complet et lutter contre un schéma corporel patiemment construit ailleurs pour accueillir ici un nouvel enseignement.

En outre, l’école implique d’aborder le travail différemment. Les partenaires sont plus proches. La relation et le zanshin s’en trouvent intensifiés. Le pas est plus réduit et n’est pas glissé comme en jodo : il doit convenir à l’étude hors des seuls parquets, sur des terrains naturels.

Si le travail des hanches est une base essentielle de tous les arts martiaux, l’enjeu de l’explorer s’avère immédiat dans Niten Ichi Ryu. Le maniement du sabre tel qu’il y est transmis rend en effet impossible le fait de « tricher » lors des coupes, en compensant avec les bras l’absence d’effort avec les hanches. Il en est de même dans de nombreux déplacements fondés sur la rotation rapide du bassin et de l’abdomen. Des déplacements semblables existent en jodo, mais dans des katas avancés. Dans Niten Ichi Ryu, ils sont abordés dès le premier seiho !

L’étude de Niten Ichi Ryu est passionnante pour le pratiquant venu du jodo. Elle permet de redécouvrir le travail au sabre avec le sentiment de poser le pied sur un nouveau continent. Enfin, la qualité et la générosité de l’accueil ne font que renforcer le désir de poursuivre.

Alexis

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