Kenjutsu, ancien art du sabre japonais

Article repris de Wikipedia et adapté à notre orientation.

Le kenjutsu 剣術 littéralement « technique du sabre » est l’art du sabre des samouraï. Il appartient aux anciens arts martiaux japonais et entre dans la catégorie des bujutsu, techniques guerrières du Japon féodal. On considère que le kenjutsu est seulement enseigné dans les anciennes écoles ou koryu à l’exclusion des formes modernes, créées après 1868. Il ne peut être appris qu’auprès du soke (Grand Maître) ou d’enseignants ayant reçu l’autorisation de ce dernier, directement ou indirectement pour les écoles plus répandues. Cette condition de transmission en limite la diffusion mais garantit son authenticité.

On pratique le kenjutsu généralement sans protection même si parfois on trouve des protections de main ou de tête. L’entraînement se fait à deux avec un bokken ou un shoto.

Enseignement

L’enseignement du kenjutsu se fait uniquement par les katas comme pour tous les bujutsu, arts « koryu ». Le but de l’enseignement du kenjutsu est certes une efficacité certaine, mais tout aussi certainement une transmission sans faille, d’où :

  • transmission de l’efficacité
  • efficacité de la transmission.

Enseignement sur mesure

L’enseignement du kenjutsu se fait au sein d’un koryu. Il est considéré dans ces anciennes écoles que seul le Grand Maître, soke, enseigne quand tous les autres sont des élèves, même si ceux-ci ont pratiqué plusieurs décennies- certaines écoles reconnaissent des shihans, élèves ayant reçus une licence d’enseignement du soke – . Un seul enseignant et ses élèves, voilà la structure d’une koryu. Le soke dispense alors son enseignement comme il l’entend et chacun reçoit selon la volonté du soke. Il s’ensuit que ce que l’un apprend et comment il l’apprend peut être tout à fait différent de ce que reçoit son voisin ! À partir de cette observation, on déduit rapidement qu’il existe des niveaux d’enseignement. On raccourcit alors en désignant ce qui est « accessible au plus grand nombre » en l’appelant exotérique et ce qui est supputé « transmis aux avancés » et que l’on désigne par ésotérique. Certaines écoles ont un double enseignement quand d’autres en ont un « sur mesure ».

Profondeur des bases

Toutefois, dans l’esprit de simplicité qui caractérise le goût japonais, la plus haute spiritualité est à rechercher dans les exercices les plus simples et non dans des raffinements des plus complexes. C’est le travail lui-même sur le sabre et sur soi qui révèle, au fil des décennies et avec l’appui du Maître et des Anciens, la portée technique et philosophique de l’art. C’est ainsi que la spiritualité est rarement abordé avec les élèves, soit parce qu’ils n’ont pas le niveau suffisant pour aborder la question, soit parce que cette dimension se révèle d’elle-même dans l’étude sans mot dire, soit parce que l’école refuse la nécessité d’aborder le « domaine des Dieux ». Toutes les écoles sont indépendantes et il faut prendre garde à toute généralisation abusive.

Les textes de références

Les koryu transmettent sur des rouleaux calligraphiés le contenu de l’enseignement. La technique et l’esprit du fondateur de l’école sont transcrits et leur lecture doit être appuyée sur la tradition orale interne à l’école. Certains textes ont atteint le public :

  • Le  » Gorin no Sho » de Miyamoto Musashi est étudié dans la Hyoho Niten Ichi Ryu
  • Le « Katsujin Ken, le sabre de vie ou les enseignements secrets de la Maison du Shogun » de Yagyu Munenori étudié dans la Yagyu Shinkage Ryu

Les différentes koryu de kenjutsu

Le kenjutsu est aujourd’hui vivant au sein de koryu (écoles traditionnelles anciennes) qui enseignent tant au Japon que, depuis peu, ailleurs dans le monde et particulièrement en Europe. Que le Kenjutsu soit vivant nous ferait presque comprendre qu’il soit très varié au point de pouvoir avancer qu’il y a des kenjutsu. Mais le sens japonais d’un même principe commun aux kobudos les poussent à penser que « mon école ne diffère en rien des autres arts martiaux » (parole de Imaï soke répondant à José Carmona pour une interview). Enseigner le kenjutsu d’une koryu signifie impérativement pouvoir faire état d’une autorisation du Grand Maître à divulguer un enseignement limité. La transmission de l’intégralité des connaissances est réservée aux menkyo kaiden, le niveau le plus élevé de l’école avant la grande maîtrise. De nombreux grands maîtres incarnent l’authenticité de la transmission et la vérité du sabre japonais. Certains voyagent en Europe afin de préserver la qualité de ce qui y est étudié. Il s’agit d’une ouverture progressive encouragée par le sérieux des élèves.
La très grande majorité des koryu intègre une étude du sabre même si leur arme d’étude principale est autre, par exemple le jo (bâton) ou la kusarigama (chaîne-faucille). Chaque arme doit savoir réagir face au sabre qui est l’arme principale des samouraï et aussi face aux doubles sabres.

Techniques

Les koryu ou écoles anciennes transmettent un savoir qui ne se dévoile que très progressivement et parcimonieusement à l’élève. Chacune préserve ses caractéristiques à tel point qu’en parler de manière générale est illusoire. Les détails qui suivent sont donnés à titre indicatif. Le seul moyen de parler en connaissance de cause est de pratiquer dans une koryu et si possible avoir accès à l’enseignement du Grand Maître. Encore, cela ne suffit pas. Une saisie du sabre ne se dévoile qu’au bout de décennies d’exercice. Les fondements se révèlent en fin de course, fondements au sens de premières bases techniques mais aussi de principes essentiels.

L’ambition et le devoir de ces écoles sont de transmettre leurs connaissances à la génération suivante. Les rouleaux internes de l’école certifient la validité et la totalité de cette transmission. Afin de célébrer cette pérennité, les koryu de la Nihon Kobudo Kyokai se réunissent régulièrement pour des démonstration attestant de la vitalité de leur étude et de leur art, notamment chaque année au temple shinto de Itsukushima sur l’île de Miyajima et dans d’autres manifestations. Il existe des techniques communes aux nombreuses écoles de kenjutsu mais aucune n’est identique aux autres malgré les similitudes.

Relation esprit/technique

Selon la pensée extrême orientale, le ki est le souffle-énergie qui se coagule en matière, vivant et action et se sublime en principes et voies. Ainsi, les techniques sont une coagulation de l’énergie du fondateur de la koryu et sont pleinement réalisées en approchant l’esprit même du fondateur. Technique et esprit sont deux versants d’une même réalité. Ces deux aspects sont unis en la personne du soke par excellence et du pratiquant par l’effort. La Suio Ryu détient une tradition ancienne qui rapporte ceci :
« L’art du sabre vient des ascètes de la montagne. L’essence de notre tradition, et l’obtention d’une position inattaquable, consistent à abattre nos adversaires alors que le sabre est encore au fourreau, étouffant leurs actions et remportant la victoire sans sortir le sabre. Quand vous êtes engagé dans le combat, détachez-vous de toute pensée de victoire ou d’échec, parvenez à un esprit pur et libre et unifiez-vous avec les dieux ».

Gardes (kamae) ou non-garde

  • La garde, ou kamae 構え en japonais, est une position du corps correspondant au début ou à la fin d’une coupe. C’est logiquement une position d’attente en début de combat. Selon certaines écoles, le combattant doit s’attacher à ne montrer aucune intention. Pour Musashi, il faut avoir une seule intention : pourfendre. Il recommande même d’utiliser le stratagème de paraître « endormi ». Dans certains enseignements, lors du combat, le combattant s’attache à garder sa rectitude (shisei) afin d’être toujours équilibré ; de même, les gardes se font à gauche (hidari) et à droite (migi), de manière symétrique à l’exception de la position des mains sur la poignée (tsuka) qui ne varie pas. Toutefois, dans la Hyoho Niten Ichi Ryu, Hidari Wakigamae ou garde à droite n’est pas symétrique à Migi Wakigamae au Nito seiho. On voit par ces exemples qu’il n’y a pas un enseignement unique mais une réelle autonomie des savoirs incarnés par le soke de chaque école.
  • Certaines écoles ne considèrent pas le kamae comme faisant partie de leur enseignement, notamment la Yagyu Shinkage Ryu.

Encore une fois, il est juste de rappeler que les koryu n’ont de référence pour elle-même que la pratique de leur fondateur et l’évolution de leur école. Il y a certes des similitudes mais surtout des exceptions puisque chacune suit sa propre règle.

Les déplacements

Le déplacement du corps est aussi essentiel car il permet de passer d’une garde à une autre, d’une situation à une autre, d’une réponse à une autre. La manière de poser le pied ou de le lever, d’opérer un pivot ou de reculer sont autant de signatures d’une école de sabre. Les déplacements donnent une juste idée de la maîtrise du pratiquant car par eux on aboutit à la véritable liberté de mouvement. Musashi insiste sur les différentes façons de se mouvoir le sabre en main dans le Gorin no sho. Le Katori Shinto Ryu possède sa manière qui est distincte de celle de la Hyoho Niten Ichi Ryu.

Les arts inspirés du Kenjutsu

  • Les créations modernes ne font pas partie de fait du courant « kenjutsu ».
  • Cependant, certains maîtres dont Mochizuki Minoru senseï et Sugino Yoshio senseï [32] pour le Katori Shinto Ryu ou Inaba senseï pour le Kashima Ryu ont pratiqué le kenjutsu dans une koryu pour ensuite intégrer cette étude du sabre dans un Gendai Budo. Cette démarche possède sa légitimité sans remplacer le courant central de la koryu historique.
  • Un développement récent du kenjutsu a abouti à la création du kendo. Sa principale influence est le Ittō-ryū de la famille Ono appelée Ono-Ha Ittō-Ryū, représentée aujourd’hui par le Grand Maître Sasamori Takemi soke.
  • Il a également été d’une importance fondamentale dans la genèse de l’aikido ; une forme de kenjutsu, inspirée du Kashima-shinryū, est pratiquée par les aikidoka sous la dénomination aiki-ken.
  • L’Aïkibudo transmet le Katori Shinto Ryu issu de Sugino senseï.
  • L’art du sabre comprend également deux autres volets d’étude :
    • l’art de dégainer (iai) et frapper dans le même mouvement : iaijutsu dont une évolution a abouti au iaido ;
    • l’entraînement aux coupes sur des bottes de bambou : batto do, tameshi giri (ce dernier terme désignant le test de la lame).
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