Miyamoto Musashi
Musashi à 13 ans
Miyamoto Musashi est un des grands personnages historiques du Japon. Il naquit au 17ème siècle et il est connu aujourd’hui à double titre : il établit sa renommée en gagnant une soixantaine de combats et défit un éminent samouraï, Sasaki Kojiro ; il est l’auteur du plus grand ouvrage de stratégie japonaise, le Traité des Cinq Roues, ou Gorin no Sho. Il est exceptionnel sur plusieurs plans.
Miyamoto Musashi est un « homme d’épée » qui ne se reconnut aucun maître. Il fut cependant le bénéficiaire de l’expertise paternelle qui lui transmit entre autres une connaissance du Jitte. Mais il a été rapporté qu’il critiqua très tôt l’art de son père Miyamoto Munisaï. Il acquit ses connaissances en voyageant (à partir de 18 ans) à travers le Japon et à l’occasion de duels mortels, il mesura et recueillit les enseignements des autres écoles. Dans un Japon où les techniques visent à tuer au plus vite et les secrets sont de ce fait cachés, la seule manière d’apprendre était de défier le tenant d’une école. 60 combats furent nécessaires à Miyamoto Musashi pour améliorer son art.
Malgré l’envergure de ses capacités, Miyamoto Musashi ne connut pas de seigneur au service duquel il aurait pu mettre ses connaissances en sabre et en stratégie. Il voyagea et approcha le Shogun et divers seigneurs. Il participa à différentes batailles où il pu vérifier ses vues sur l’art de la guerre. Il finit par s’établir dans le sud du Japon dans l’île de Kyûshû notamment à Kumamoto et à Kokura. Son fils adoptif Iori devint un des vassaux du seigneur Hosokawa de Kokura et sa descendance perdure toujours dans l’île. C’est ainsi que l’école Hyôhô Niten Ichi Ryu est aujourd’hui implantée à Kokura et y est représentée par Maître Iwami Toshio.
Miyamoto Musashi est un des rares à avoir laissé derrière lui une œuvre écrite : Le miroir de la voie de la stratégie, Hyôdôkyô, en 1605 à l’âge de 21 ans ; Trente cinq instructions sur la stratégie, Hyôhô sanjû-go-kajô, en 1641 à 57 ans et les Écrits sur les cinq éléments, Gorin no Sho, en 1645 à 61 ans. Sa vision, nous dirions sa conception du monde, ne séparait pas les différentes faces de l’activité humaine car pour lui, leur efficacité résidait dans l’unité de leur emploi. L’expertise martiale, la maîtrise stratégique et le perfectionnement spirituel fusionnaient dans sa recherche, d’où l’idéogramme Hyôhô, voie de la stratégie et recherche spirituelle.
Miyamoto Musashi nous enjoint d’étudier. A l’instar de l’enseignement du Bouddha, il rejette l’autorité de la tradition au sens ce n’est que par nous-même, par l’examen et la mise à l’épreuve que nous pouvons discerner la voie à suivre. A cette fin, il voyagea, défia des sabreurs et rencontra des maîtres dans de nombreux arts. Il laissa derrière lui des œuvres littéraires, des calligraphies, des peintures, des statues, des jardins, des pièces de métallurgie. Il n’eut de cesse de recueillir l’excellence des arts et traditions du Japon de son temps. Son esprit et son enseignement peuvent être saisis dans ses œuvres, dans des musées, dans le roman « La Pierre et le Sabre », dans divers téléfilms et films dont une interprétation avec Toshiro Mifune. Mais surtout, une lignée d’hommes, de maîtres, d’assistants et de pratiquants, a traversé 4 siècles pour faire vivre et prospérer un tel enseignement.




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